C’est du Rock !

Découlant directement du Blues, Rhythm’n’blues et autre musique country américaine, le courant musical nommé Rock est apparu au tout début des années 1950 aux États-Unis. Bien spécifique pour ses parties de guitares électriques légèrement saturées, et la voix boostée par un effet d’écho et de reverb mélangé, la « musique du diable » est d’abord représentée par des musiciens noirs américains tels que Chuck Berry ou Little Richard, qui en sont les pères fondateurs.

Puis, vient le succès mondial d’Elvis Presley, et au début des sixties, l’arrivée fracassante de groupes Rock britanniques comme The Beatles, The Rolling Stones et The Who. Une véritable culture Rock voit alors le jour, qui sera bientôt déclinée sous divers courants musicaux, certes plus extrêmes, mais revendiquant jusqu’à aujourd’hui ses origines.

L’histoire du Rock

Tout démarre vraiment de la fusion de la musique Blues avec la Country, et du fait que d’un rythme ternaire, l’on passe à celui plus soutenu du 2 temps. Au début des années 1950 donc, le disc-jockey Alan Freed sent le vent tourner, et se met à passer dans son émission de radio des morceaux de musiciens noirs jouant la « musique du diable » qu’il va lui-même baptiser « Rock’n’roll », qui signifie en argot anglais les actions de danser et d’aller de l’avant, notamment. Tout un programme, et qui va très vite rencontrer un succès fulgurant auprès de la jeune génération, mais qui ne va pas plaire à la vieille et bonne société, qui fera d’Alan Freed un nouvel « ennemi public n°1 » pour avoir trahi la cause des blancs.

Si des artistes noirs comme Fats Domino, Little Richard et Chuck Berry continuent d’enregistrer des pépites de la période Rock’n’roll au succès mérité, c’est bel et bien Bill Haley qui, en 1955, signe le premier n°1 du Rock’n’roll au hit-parade avec le titre « Rock around the clock ». Sur près de 2 minutes, Bill Haley pose les bases de ce qui allait devenir un mouvement de culture populaire encore jamais vu. Reprenant les codes utilisés par Chuck Berry et ses confrères, il ouvre la voie du Rock’n’roll aux musiciens blancs, et à la jeunesse qui ne demande qu’à s’amuser en cette période d’après-guerre. C’est là que le jeune Elvis Presley va faire son entrée en scène. Avec une voix en or, un physique d’une rare beauté, et un déhanchement presque androgyne, il va faire littéralement craquer les foules durant quelques années. Suivront d’autres rockers comme Jerry Lee Lewis ou Eddie Cochran, et de nombreux hymnes Rock vont voir le jour, comme le « Johnny B. Good » de Chuck Berry.

C’est à la fin des années 1950, qu’Elvis, en pleine gloire, se fait appeler sous les drapeaux américains pour effectuer son service militaire. Le mouvement Rock semble s’essouffler, et la bonne société américaine pense avoir triomphé sur ce mouvement musical rebelle et incontrôlable… Mais ce ne sera pas le cas, comme vous pouvez vous en douter.

L’évolution du Rock

Donc, au tout début des sixties, alors que la musique d’Elvis s’est rangée derrière de nombreuses balades ou gospels, et que la Pop music engendre le succès de nouveaux groupes comme les Everly Brothers ou Johnny Burnette, c’est de l’autre côté de l’atlantique que le Rock va se réaffirmer en dévastant tout sur son passage. Il y a-t-il un quelconque besoin aujourd’hui de présenter The Beatles ou The Rolling Stones ?

Au départ de leurs carrières respectives, ces deux groupes anglais vont reprendre les grands classiques Rock des années 50, et avec grand succès. C’est aussi à ce moment qu’une vraie culture populaire va voir le jour autour de la musique Rock, toujours plus iconoclaste et rebelle. Et alors que Beatles ou Stones vont obtenir un succès populaire mondial encore jamais vu, d’autres groupes vont voir le jour, et la musique Rock va se voir révolutionner par l’apparition de nouvelles sonorités des plus originales. Ainsi, The Kinks, Hendrix, et the Yardbirds pour l’Angleterre. Les Beach boys et Creedence Clearwater revival aux États-Unis, pour n’en citer que quelques-uns. L’Amérique musicale des années 60 aura donc décidé d’être plus Pop que Rock, alors qu’en Grande-Bretagne, le courant est totalement inversé.

En effet, après les sorties phénoménales de l’album « St. Peppers » des Beatles et de « Beggars Banquet » pour les Stones, le ton musical va se durcir avec une guitare de plus en plus saturée, une batterie toujours plus soutenue et cadencée, mais aussi un chant toujours plus en phase avec les aspirations d’une jeunesse rebelle et protestataire. C’est donc en cette fin des années 60, qu’un nouveau courant musical dérivé et revendiqué du Rock va voir le jour : le Hard-Rock, dont plusieurs groupes se disputent encore aujourd’hui son invention. De Led Zeppelin, à Black Sabbath, en passant encore par The Who, et le groupe mythique AC/DC un peu plus tard, la musique Rock va prendre une nouvelle tournure.

Rock : des courants multiples, et un avenir sans aucun souci

Plusieurs fois annoncé comme mort, le Rock est toujours bel et bien présent aujourd’hui, même s’il est représenté par divers courants musicaux, plus ou moins extrêmes. En effet, bien qu’il ait connu quelques passages à vide, notamment à la fin des fifties ainsi qu’au milieu des années 1980 et la fin des années 1990, la musique Rock s’est toujours relevée pour être encore plus présente, et c’est encore le cas à présent. Depuis bientôt 40 ans, le rock a su évoluer et son style inimitable a su se muer en diverses musiques toujours plus excessives.

Ainsi, depuis le Hard-Rock des seventies, est apparu le Punk, le progressif et le New-wave. Puis, le Heavy-Metal dans les années 1980, et le Grunge et Hardcore dans les années 1990. Tous ces styles s’apparentent au Rock, même s’ils le traitent différemment. Depuis les années 2000, il semblerait que l’on ait atteint une sorte de limite sonore avec le Brutal-death-metal, et que l’on en revienne aux bonnes choses du passé. C’est pourquoi des groupes Rock ayant débuté dans les années 70, comme Deep Purple ou AC/DC, ont toujours autant la côte.

Ainsi, côté futur, le Rock n’a apparemment aucun souci à se faire. Il a un vrai passé et une longévité de vie et de succès incomparable, pourquoi cela s’arrêterait-il maintenant ? D’autant plus que les plus grands festivals au monde sont de courant Rock, et que des groupes comme Metallica ou Dire Straits ont toujours autant de fans à travers le monde. Aussi, même les plus jeunes continuent à adorer ce style de musique, surtout à l’adolescence, on ne sait pas pourquoi …

Quid de la culture Rock

Le Rock et ses nombreux dérivés font partie intégrante de la jeunesse et de l’esprit un brin revendicatif qui l’accompagne. Depuis le départ, en véritable symbole d’une nouvelle jeunesse en manque de nouvelles aspirations, le Rock a déclenché l’ouverture d’un nouveau fait de société. Et pour la première fois, ce mouvement sera tout aussi féminin que masculin.

Le Rock est une vraie passion qui se vit de l’intérieur. On vit Rock, on s’habille Rock, on décore son intérieur de façon Rock, on se coiffe Rock, etc. C’est une attitude à part entière où se retrouvent bon nombre de jeunes pour affirmer leur identité. C’est aussi le seul courant musical où l’on accorde autant d’importance à l’aspect visuel des choses, que ce soit aux pochettes de disques, badges, posters, ou tout autre goodies.

L’histoire du Rock est bourrée d’anecdotes croustillantes, et ses héros seraient bien trop nombreux pour vous les énumérer tous. De Bowie à Jim Morrisson, ou de Police à Slipknot, tous ont une histoire singulière derrière eux. Et comme le disait si bien Spi, le chanteur du groupe de Rock français OTH, « Nous croyons que le Rock’n’roll est la dernière aventure du monde civilisé » … Et il ne croyait pas si bien dire !